La réglementation

La qualité de l’air en Bretagne entre dans une nouvelle phase réglementaire.

Avec l’entrée en application progressive de la nouvelle directive européenne, les seuils de pollution seront fortement abaissés à l’horizon 2030. Cette évolution majeure ne traduit pas nécessairement une dégradation de la qualité de l’air breton, mais une exigence renforcée pour mieux protéger la santé des populations.

Air Breizh publie une analyse des impacts de cette nouvelle directive européenne sur la qualité de l’air en Bretagne. Ce rapport met en évidence les principales évolutions réglementaires à venir, ainsi que leurs conséquences pour les territoires bretons

À retrouver dans cet article :

Les textes réglementaires internationaux, européens et nationaux

Les objectifs de la règlementation de la qualité de l’air

En matière de surveillance de la qualité de l’air, plusieurs niveaux de réglementation imbriqués peuvent être distingués

Niveau international

L’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) préconise des niveaux d’exposition (en concentrations et durées) en-dessous desquels il n’a pas été observé d’effets nuisibles sur notre santé ou sur les végétaux, c’est ce que l’on appelle les « valeurs guides de la qualité de l’air » ou “lignes directrices de l’OMS (2021)“.

Niveau européen

La stratégie de surveillance communautaire de la qualité de l‘air ambiant se base sur les directives européennes :

Le 14 octobre 2024, le Conseil de l’Union Européenne a formellement adopté une directive établissant des normes actualisées en matière de qualité de l’air dans l’ensemble de l’UE. Elle fixe pour les polluants de nouvelles normes de qualité de l’air à atteindre d’ici à 2030, qui sont plus étroitement alignées sur les lignes directrices de l’OMS en matière de qualité de l’air. Parmi ces polluants figurent, entre autres, les particules en suspension (PM10 et PM2.5), le dioxyde d’azote (NO2) et l’ozone (O3).

Niveau national

Les directives européennes sont transposées dans la réglementation française.

Les critères nationaux de qualité de l’air sont définis dans le Code de l’environnement (dispositions législatives et réglementaires au titre II Air et atmosphère du livre II de ce code – articles L220-1 à L228-3 et R221-1 à R228-1) qui intègre la Loi du 30 décembre 1996 sur l’air et l’utilisation rationnelle de l’énergie (LAURE).

En complément, l’Arrêté du 16 avril 2021, remplaçant l’Arrêté du 19 avril 2017 fait figure de référence à ce jour sur les modalités de surveillance de la qualité de l’air en France puisqu’il précise :

Les valeurs réglementaires applicables en France

La qualité de l’air est analysée grâce à des règlementations représentées par des seuils qui une fois dépassés déclenchent des alertes.

Quelles valeurs sont utilisées pour la gestion de la qualité de l’air en France ? 

Retour sur quelques définitions pour y voir plus clair…

Les valeurs de références 

Les seuils de gestion en cas de pic de pollution

Pour chaque polluant, plusieurs valeurs sont distinguées :

Les principales valeurs réglementaires mentionnées dans le code de l’environnement sont synthétisées dans les tableaux ci-dessous :

* AOT 40 (exprimé en µg/m³.heure) signifie la somme des différences entre les concentrations horaires supérieures à 80 µg/m³ et le seuil de 80 µg/m³ durant une période donnée en utilisant uniquement les valeurs sur 1 heure mesurées quotidiennement entre 8 heures et 20 heures. (40 ppb ou partie par milliard=80 µg/m³)

Les valeurs recommandées par l’OMS

Les lignes directrices de l’OMS relatives à la qualité de l’air visent à offrir des indications sur la façon de réduire les effets de la pollution de l’air sur la santé.

L’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) recommande des niveaux d’exposition (concentrations et durées) au-dessous desquels il n’a pas été observé d’effets nuisibles sur la santé humaine ou sur la végétation.

Ces valeurs peuvent être différentes et parfois plus restrictives que les valeurs définies par la réglementation Européenne.

Les valeurs recommandées par l’Organisation Mondiale pour la Santé sont fondées sur des études épidémiologiques et toxicologiques réalisées en Europe et en Amérique du Nord. Elles servent de références pour l’élaboration des réglementations internationales.

Ce sont les niveaux d’exposition (concentrations d’un polluant dans l’air ambiant pendant une durée déterminée) auxquels ou en dessous desquels les effets sont considérés comme acceptables.

De nouvelles lignes directrices relatives à la qualité de l’air ont été annoncées en septembre 2021 par l’Organisation mondiale de la Santé pour limiter le réchauffement climatique et améliorer les conditions de la santé humaine, tout comme celles de la qualité de l’environnement.

Une position affirmée sur les interactions Air / Santé / Climat…

L’Organisation mondiale de la Santé a annoncé de nouveaux seuils de qualité pour protéger la santé des populations. Ces nouvelles lignes directrices baissent la quasi-totalité des seuils de référence de concentrations des principaux polluants atmosphériques (particules en suspension (PM), ozone (O₃), dioxyde d’azote (NO₂), et monoxyde de carbone (CO) sauf pour le dioxyde de soufre (SO₂) dont le seuil augmente).

L’OMS précise également que le dépassement de ces nouveaux seuils est associé à des risques importants pour la santé, tandis que le respect de ces seuils peut sauver des millions de vies. Si ces nouvelles valeurs guides étaient respectées, près de 80% des décès liés au PM2.5 pourraient être évités.

Source : Organisation Mondiale de la Santé

Pour l’OMS, avec le changement climatique, la pollution atmosphérique représente l’une des principales menaces environnementales pour la santé. L’amélioration de la qualité de l’air peut accompagner les efforts déployés pour atténuer les effets du changement climatique, avec notamment la réduction des émissions. Ainsi, en s’efforçant d’atteindre les seuils recommandés, les pays contribueront à protéger la santé de leur population d’une part, à limiter les conséquences du changement climatique d’autre part.

…soutenue par les Associations Agréées de Surveillance de la Qualité de l’air (AASQA)

Ces préconisations de l’OMS viennent rappeler l’importance pour notre santé d’une meilleure qualité de l’air et des interactions air/climat/santé, appelant à revoir les objectifs pour l’atteindre.

Atmo France et les AASQA s’engagent aux côtés de tous les acteurs (Etat, collectivités, acteurs économiques, associations, chercheurs et citoyens) pour permettre les évolutions en ce sens en mobilisant leurs outils, ressources et expertises (inventaires d’émissions, cartes stratégiques de l’air, diagnostics territoriaux ,etc…).