Les pesticides

Contrairement à l’eau et à l’alimentation, les
pesticides ne sont pas réglementés dans l’air.
Toutefois, depuis plus de 20 ans, des mesures
sont menées en Bretagne pour évaluer l’exposition de la
population, avec un dispositif désormais étendu
à l’année et à plusieurs sites.

Sur le sujet des pesticides, Air Breizh travaille sur 4 volets : documenter/comprendre/sensibiliser/expérimenter.

Le terme « pesticides » désigne deux grandes catégories de produits :

  • Les produits phytopharmaceutiques, utilisés principalement pour protéger les végétaux contre les organismes nuisibles ou pour agir sur leur développement. Ils peuvent être destinés à :
    • protéger les végétaux et les produits végétaux contre les organismes nuisibles ou prévenir leur action
    • agir sur les processus vitaux des végétaux, notamment leur croissance
    • assurer la conservation des produits végétaux
    • détruire les végétaux ou parties de végétaux indésirables
    • freiner ou prévenir leur croissance indésirable.

En France, l’utilisation professionnelle de produits phytosanitaires nécessite le Certiphyto.

  • Les biocides, notamment les désinfectants, qui regroupent les substances ou produits destinés à détruire, repousser ou neutraliser des organismes nuisibles, à prévenir leur action ou à les combattre, par une action chimique ou biologique.

Ainsi, derrière le terme générique de « pesticides » se trouvent des produits aux usages variés, employés aussi bien pour la désinfection et la lutte contre certains organismes nuisibles que pour la protection et le traitement des végétaux.

Les pesticides peuvent se disperser dans l’environnement selon plusieurs mécanismes.

La dérive lors de l’épandage est le phénomène le plus immédiat et peut entraîner une perte de 20 à 90 % du produit appliqué.

La volatilisation, depuis les sols ou les végétaux, peut ensuite prolonger leur dispersion pendant plusieurs jours à plusieurs semaines.

L’érosion éolienne, liée au transport de particules de sol, contribue également à leur propagation, mais dans une moindre mesure (moins de 5 %).

Les pesticides sont conçus pour nuire à une ou plusieurs espèces. Mais ils peuvent avoir un impact sur notre santé.

Présents dans l’eau, la nourriture, les maisons et l’air ils ont des effets chroniques sur la santé.

Ceux-ci ont été listés dans les rapports de l’INSERM en 2021.

  • Allergies
  • Cancers
  • Troubles neurologiques
  • Troubles du développement de l’enfant

Pour information, à ce jour, il n’existe pas de valeurs limites et toxicologiques par inhalation.

Qu’il s’agisse de pesticides autorisés aujourd’hui ou utilisés par le passé (dont certains sont rémanents), ils suscitent des inquiétudes concernant leurs effets possibles sur la santé humaine et plus largement sur l’environnement. Afin de mieux apprécier leurs effets sanitaires, l’Inserm a été saisi en 2018 par cinq directions générales ministérielles en vue d’actualiser l’expertise collective publiée en 2013. INSERM

Contrairement à l’eau ou l’alimentation, il n’existe pas de réglementation fixant des normes de qualité pour les produits phytosanitaires dans l’air ni d’obligation de contrôle.

Malgré cela, les Associations agréées pour la surveillance de la qualité de l’air ont débuté les mesures il y a plus de vingt ans à l’image d’Air Breizh qui a réalisé ses premières mesures en bretagne en 2002.

Depuis 2021 une surveillance nationale permanente a été lancée.

En Bretagne 2 stations mesurent les pesticides :

  • la station péri-urbaine à Mordelles pour la surveillance nationale pérenne
  • la station urbaine Thabor à Rennes pour un projet mené par Rennes Métropole qui vise à renforcer les connaissances sur les pesticides dans l’air afin de mieux évaluer l’exposition des habitants et de cibler les actions à mener sur le territoire.

La méthode de mesure normalisée : prélèvement actif sur cartouche pendant une semaine puis analyse en laboratoire.

Depuis quelques années, le prélèvement passif se développe et offre une alternative interessante pour la mesure indicative des pesticides dans l’air

Retrouvez toutes les données de la surveillance Bretonne

Les données de mesure des AASQA sont regroupées dans une base de données nationale appelée Phytatmo.

En 2026, Atmo France a mis en ligne une datavisualisation de ces données appelée Phytatmo Dataviz. En l’absence de valeurs de référence dans l’air, cette base permet notamment de faciliter la comparaison des niveaux entre sites de surveillance.

En 2024 Air Breizh a lancé des travaux sur la révision de la liste des pesticides recherchés dans l’air, basée sur une enquête agricole menée par la Chambre d’agriculture de Bretagne autour du site de Mordelles. l’objectifs, comprendre les habitudes d’utilisation des agriculture pour rechercher dans l’air les pesticides qui sont utilisés sur le territoire.

De cette étude est ressortie un constat : 54 substances sur les 73 analysées localement ne figuraient pas sur la liste nationale de surveillance

Ce résultat mettait en évidence un écart entre les pratiques agricoles régionales et la surveillance nationale.

Air Breizh a donc lancé un travail de révision qui a permis en 2025 d’ajouter 33 substances à la liste nationale qui compte maintenant 105 substances. Celles-ci représentent 70% des ventes de pesticides sur le département d’Ille-et-Vilaine (les 30% restant représentant les produits autorisés en agriculture biologique)


Résultats des mesures 2025 à Mordelles et Thabor :

  • les herbicides sont les pesticides les plus retrouvés dans l’air
  • 4 substances interdites d’utilisation en agriculture ont été retrouvées à Thabor
  • top 10 des pesticides est le même sur 2 sites, qu’on soit au milieu de la campagne ou en pleine ville, les pesticides respirés sont les mêmes.

Financeurs : la DREAL/ARS dans le cadre du PRSE et la DRAAF

  • Adaptation régionale de la liste, recherche de métabolites
  • Mesures dans l’air
  • Collecte données agricoles (ventes/pratiques)
  • Mise en relation des données (mesures/usages)
  • Réalisation d’études spécifiques : par exemple étude Lindane à Rennes
  • Thèse de Killian Guillaume
  • Convergence avec d’autres programmes :
    • PAT
    • Politique de l’eau (EBR)
    • AAP Zéro phyto
  • Réseautage, profession agricole, scientifiques, collectivité
  • Sensibilisation lycée, réseau agriculteurs (Dephy, Groupe 30 000)

Thèse de Killian Guillaume


Le projet de thèse vise à développer une méthodologie innovante permettant, à l’échelle d’un territoire donné, d’améliorer les connaissances sur les émissions de pesticides dans l’air.

Cette approche repose sur la mise en relation des usages et des pratiques agricoles avec les données issues des dispositifs de surveillance de la qualité de l’air.

Par ailleurs, certains produits phytosanitaires ont aussi des usages non agricoles (usages communaux sur les terrains de grands jeux, les golfs ou les hippodromes, biocides…).

Étudier ces déterminants au vu des concentrations de pesticides mesurées dans l’air permettra donc de mieux comprendre les émissions agricoles des produits
phytopharmaceutiques.

Financement : Région Bretagne et l’ADEME

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