![]() |
L'évolution
de la qualité de l'air en France Le point au 1er janvier 2001 |
|
|
Les réseaux de mesure de la qualité de l'air poursuivent un
important programme de modernisation et d'extension engagé il y a
seulement quatre ans : capteurs (1700 analyseurs actuellement contre 1300
en 1997), mesure de nouveaux polluants (hydrocarbures, benzène...),
traitement et diffusion au public des résultats en temps réel
(Internet), modélisation et prévision. De ce fait, le recul
est insuffisant dans de nombreuses agglomérations pour évaluer
avec certitude l'évolution de la qualité de l'air, les variations
météorologiques d'une année sur l'autre étant
susceptibles de provoquer des variations plus importantes que l'évolution
des émissions polluantes. On admet généralement que
l'appréciation des évolutions implique de disposer des mesures
sur une période d'au moins cinq ans.
Il convient dès lors, dans la lecture des tableaux qui suivent, de se garder
d'extrapoler les variations lorsque les résultats ne sont disponibles que
sur les deux ou trois dernières années.
Néanmoins, on peut retenir les tendances suivantes :
1°) La baisse des concentrations de plomb est l'événement le plus important de l'année 2000. La suppression de l'utilisation de plomb tétraéthyle pour augmenter l'indice d'octane des essences aura conduit à une division par trois des émissions de plomb par rapport à l'année précédente. Dans la plupart des agglomérations, la moyenne annuelle des concentrations de plomb est de l'ordre de 0,05 µg/m3, c'est-à-dire à la limite de précision de la mesure. Depuis dix ans, les concentrations de plomb dans l'air ambiant ont été divisées par six environ.
2°)
Les
concentrations de dioxyde de soufre (SO2) continuent de baisser,
au rythme d'environ 10 % par an depuis cinq ans. Cette évolution
s'explique notamment par l'amélioration des combustibles et carburants,
la désulfuration des fumées des grandes installations de combustion
(et la réduction du taux de marche des centrales thermiques d'EdF),
le traitement des fumées des usines d'incinération d'ordures
ménagères...
La situation reste cependant préoccupante sur les agglomérations
fortement industrialisées (Le Havre, Fos-Berre, Rouen...).
3°)
Les
moyens de mesure des particules sont en pleine transformation : l'ancienne
méthode dite des " fumées noires " (degré
de noircissement d'un filtre collecteur) est progressivement remplacée
par la méthode de mesure des particules fines (mesure de la concentration
de PM10 et PM2.5, particules de taille inférieure à 10 et
2,5 micromètres). Le recul est insuffisant pour déterminer
si la baisse des niveaux de PM10 de 1999 à 2000 est représentative.
La pollution par les particules fines est certainement le principal aspect
sur lequel la vigilance doit rester fortement mobilisée (voitures,
camions, sources fixes).
4°) Les concentrations de dioxyde d'azote baissent légèrement sur les cinq dernières années, de quelque 1 à 5 % par an dans la plupart des agglomérations. Cette évolution est à mettre en relation avec les modifications des automobiles qui constituent les principaux émetteurs de ce polluant. Si les concentrations moyennes annuelles sont aujourd'hui presque partout inférieures à 50 µg/m3, la situation de chaque agglomération est assez différente ; en particulier la valeur limite de 200 µg/m3 à ne pas dépasser plus de 175 heures dans l'année n'est pas toujours respectée sur des sites proches du trafic automobile.
5°) L'ozone est un polluant secondaire, produit dans l'atmosphère sous l'effet du rayonnement solaire par des réactions complexes entre les polluants primaires (oxydes d'azote, hydrocarbures, particules...). Si les concentrations de polluants primaires diminuent, la diminution de l'ozone constatée en 2000 s'explique certainement pour une part importante par les conditions météorologiques de l'été (températures et ensoleillement faibles).
Ces évolutions
d'ensemble recouvrent bien entendu des situations variables selon les sites
de mesure. Au-delà des tableaux ci-dessous, on consultera utilement les
données exhaustives diffusées par chaque Association Agréée de Surveillance
de la Qualité de l'Air (réseau Atmo).