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L'ammoniac (NH3)

Origines

Sous forme gazeuse, l'ammoniac est utilisé par l'industrie pour la fabrication d'engrais, d'explosifs et de polymères. L’ammoniac est principalement émis par le secteur de l’agriculture et provient principalement des rejets organiques de l’élevage. On estime qu’une vache laitière émet environ 24,6 kilos d’ammoniac par an. La formation d’ammoniac se réalise aussi lors de la transformation des engrais azotés présents dans les sols par les bactéries.  Enfin, l’ammoniac est présent dans la fumée de cigarette.

L’ammoniac est aussi un gaz fabriqué industriellement à partir de gaz naturel selon la réaction

   3 H2       +       N2         <=>      2 NH3

Ses effets sur la santé

L'ammoniac est un gaz incolore et odorant, très irritant pour le système respiratoire, la peau, et les yeux. Son contact direct peut provoquer des brûlures graves. A forte concentration, ce gaz peut entraîner des oedèmes pulmonaires. L’ammoniac est un gaz mortel à très forte dose. Une tolérance aux effets irritants de l’ammoniac peut aussi être développée.

Ses effets sur l’environnement

La présence dans l’eau de l’ammoniac affecte la vie aquatique. Pour les eaux douces courantes, sa toxicité aiguë provoque chez les poissons notamment des lésions branchiales et une asphyxie des espèces sensibles. Pour les eaux douces stagnantes, le risque d’intoxication aigüe est plus marqué en été car la hausse des températures entraîne l’augmentation de la photosynthèse. Ce phénomène, s’accompagne d’une augmentation du pH qui privilégie la forme NH3 (toxique) aux ions ammonium (NH4+). En outre, ce milieu peut-être également sujet à eutrophisation. En milieu marin, le brassage de l’eau et l’importance de la dilution évitent les risques de toxicité aiguë. En revanche, dans les eaux côtières, l’excès de nutriment favorise la prolifération d’algues « opportunistes » entraînant des troubles tels que les marées vertes et les eaux colorées.
Pour les plantes, l’excès d’ammoniac entraîne une détérioration des conditions de nutrition minérale et une modification des populations végétales avec l’installation d’espèces opportunistes nitrophiles au détriment d’espèces rares préalablement présentes dans les écosystèmes sensibles (tourbières, marais…). De plus, l’absorption importante d’azote ammoniacal par les arbres augmente leur sensibilité aux facteurs de stress comme le gel, la sécheresse, l’ozone, les insectes ravageurs et les champignons pathogènes.
L’ammoniac participe aussi à hauteur de 25 % au phénomène d’acidification des sols.

Réglementation

Les émissions d'ammoniac sont réglementées depuis 1999, par la directive 2001/81/CE fixant des plafonds d’émission nationaux pour 2010 sur quatre polluants différents dont l’ammoniac. Le plafond d'émission sur lequel s'est engagée la France est de 780 kilotonnes en 2010.